Le Projet de la nouvelle constitution qui a été récemment remis au président de la transition, le général Mamadi Doumbouya, par le président du CNT, suscite des réactions diverses parmi les acteurs politiques en Guinée. L’un des points de divergence principaux concerne la proposition d’extension du mandat présidentiel de cinq (5) ans à sept (7) ans.
<< Cette constitution, effectivement, comporte tous ses volets et qui font d’elle aujourd’hui une constitution qui nous ressemble et qui nous rassemble. >>, declare Dr Fayimba Mara, professeur et Juriste.

Cette extension prévue dans la constitution n’est pas vue de la même manière par tous les acteurs. Certains approuvent cette modification, arguant que cela permettra une meilleure stabilité politique et une meilleure gestion des affaires publiques. Cependant, d’autres voient cette proposition comme une manière pour le président en place de consolider son pouvoir et de rester au pouvoir plus longtemps.
<< À l’arrivée du capitaine Dadis, à l’issue de beaucoup de manifestations politiques, il faut le rappeler, en 2008-2016, les Guinéens ont dit que la longévité d’un président au pouvoir n’a jamais garanti son bonheur, n’a jamais garanti le développement du pays. Donc, on a profité de la transition sous l’air de Dadis pour ramener le nombre, la durée, bien sûr, ou plutôt le nombre du mandat de 7 ans à 5 ans >>, précise Ibrahima Kalil Diallo, President du mouvement APG.

Pour Fayimba Mara, cette nouvelle constitution de par ses innovations absorbe celle de 2010. Il estime que certains aspects de la constitution de 2010, qui garantissaient la protection des droits des citoyens et la limitation du pouvoir présidentiel, risquent d’être remis en cause par ce projet de nouvelle constitution.
< Nous, on a estimé que le quinquennat n’était pas un bon mandat. Avec tout ce que nous connaissons aujourd’hui en regardant un peu de par le monde, on trouve que le quinquennat ne favorise pas la démocratisation réellement. Parce que le quinquennat favorise, si vous voulez, le développement du présidentialisme. C’est-à-dire que ça finit par fabriquer un président qui comporte tous les pouvoirs, c’est-à-dire qui exerce le pouvoir sans partage. >>, estime t-il.
La question de l’extension du mandat présidentiel dans le projet de nouvelle constitution divise les opinions en Guinée. Il est essentiel que les acteurs politiques et la société civile continuent à débattre de manière constructive pour trouver un consensus qui respecte les principes démocratiques et le bien-être des citoyens guinéens.
Ibrahima baba Camara pour zoo7infos







