« Tu ouvres grand ta porte aux tiens. Pourquoi la fermer à ceux de ton mari ? »
Par Fatou Baldé Yansane
Après mûre réflexion, l’ancienne cheffe de cabinet, Fatou Baldé Yansane, décide de faire parler son cœur. À travers une réflexion directe et sans détour, elle interpelle les couples sur une réalité qui, selon elle, fragilise de nombreux foyers : le traitement inégal réservé aux familles des deux conjoints.
Son message est simple : dans le mariage, l’équilibre et la justice doivent être réciproques.
Quand les règles ne sont pas les mêmes pour les deux familles
« Il faut qu’on soit juste et raisonnable », lance Fatou Baldé Yansane, qui invite les femmes comme à s’interroger sur leur comportement au sein du foyer.
Elle dénonce notamment une situation où l’un des conjoints accepte volontiers la présence de sa propre famille à la maison, tout en considérant celle de son partenaire comme une source de problèmes.
Frères, sœurs, neveux, nièces ou autres proches peuvent être accueillis sans difficulté lorsqu’ils appartiennent à sa propre famille. Mais lorsque les parents du conjoint souhaitent rendre visite ou séjourner dans le foyer, l’atmosphère peut soudainement changer.
Pour Fatou Baldé Yansane, cette attitude crée progressivement un climat de méfiance, de frustration et parfois de conflit, qui finit par dépasser les adultes pour atteindre les enfants.
– Des enfants pris au milieu des conflits familiaux
L’un des points les plus sensibles de son intervention concerne justement les enfants.
Elle met en garde contre le fait de présenter systématiquement les membres de la famille paternelle ou maternelle comme des personnes « méchantes », « nuisibles » ou indésirables.
À force d’entendre des propos négatifs sur certains proches, les enfants peuvent développer du rejet envers une partie de leur propre famille, parfois sans même avoir eu l’occasion de se forger leur propre opinion.
« Mais dès qu’un parent de ton mari annonce sa venue, ton visage change. Tu tires la bouche. Tu commences à préparer les esprits des enfants : « Celle-là est méchante », « celle-ci est une sorcière », « elle vient pour nous créer des problèmes »… et tu formate des enfants à détester leur famille paternelle.
»
Le mariage exige du respect et de la réciprocité
Pour l’ancienne cheffe de cabinet, le mariage ne doit pas devenir un espace où chacun impose uniquement les règles qui l’arrangent.
Si une épouse souhaite que son mari respecte ses parents, ses frères et ses sœurs, elle doit également être capable de respecter ceux de son conjoint.
Car, derrière les querelles familiales, se trouve souvent une question fondamentale : celle de la réciprocité.
« Tu veux que ton mari considère ta famille comme la sienne, mais tu refuses de considérer la sienne comme faisant partie de sa vie », dénonce-t-elle.
-Éviter que le foyer devienne un champ de bataille
Fatou Baldé Yansane estime qu’un conjoint peut accepter beaucoup de frustrations avant d’atteindre le point de rupture.
Elle appelle donc les couples à éviter les comportements qui obligent l’un ou l’autre à choisir constamment entre son conjoint et sa famille.
Mais son message va au-delà de la simple cohabitation avec les beaux-parents. Il invite surtout à préserver les liens familiaux, la dignité et le respect mutuel, sans pour autant nier les limites nécessaires à l’équilibre d’un couple.
Car respecter la famille de son conjoint ne signifie pas accepter toutes les ingérences. Cela signifie savoir établir des limites avec intelligence, dialogue et équité.
« Le mariage, ce n’est pas un déménagement familial »
Dans sa conclusion, Fatou Baldé Yansane rappelle que le mariage ne doit pas signifier la disparition des familles d’origine.
« Le mariage, ce n’est pas un déménagement familial », affirme-t-elle, dans une formule qui résume toute sa réflexion.
Son appel est donc lancé aux couples : ne pas faire deux poids, deux mesures, ne pas instrumentaliser les enfants et surtout ne pas transformer les relations avec les belles-familles en source permanente de conflit.
Parce qu’un foyer solide ne se construit pas sur le rejet de l’autre famille, mais sur le respect, la justice, la communication et la réciprocité.
Et comme le rappelle Fatou Baldé Yansane : celui qui éloigne constamment les autres de sa porte pourrait, un jour, regretter de ne plus trouver personne lorsqu’il aura lui-même besoin d’aide.
IBRAHIMA baba Camara







