Souveraineté monétaire, poids du Nigeria et critères de convergence encore incertains : Conakry assume son choix.
La Guinée maintient, pour l’heure, son franc guinéen et ne se précipite pas vers l’ECO, projet de monnaie unique de la CEDEAO. Lors d’une conférence de presse tenue mardi 11 août 2026, le gouverneur de la Banque centrale de Guinée, Karamoko Kaba, a défendu cette orientation, jugée prudente et stratégique.
Selon lui, plusieurs pays de la CEDEAO ne remplissent pas encore pleinement les critères de convergence nécessaires à une monnaie unique. À cela s’ajoute la faiblesse des mécanismes de solidarité financière entre États, indispensables au bon fonctionnement d’une union monétaire.
Autre enjeu majeur : la gouvernance de la future banque centrale régionale. La Guinée contrôle aujourd’hui sa politique monétaire à travers sa propre banque centrale. Dans une institution fédérale, son influence serait nécessairement réduite face au poids économique et démographique du Nigeria, qui domine largement l’espace communautaire.
« Pourquoi quitter une banque centrale que nous contrôlons à 100 % ? » Une interrogation qui résume la position défendue par Conakry.
La Guinée ne ferme toutefois pas la porte à l’intégration monétaire régionale. Elle privilégie une approche progressive, notamment autour d’une monnaie commune, mieux adaptée aux réalités économiques des États.
En attendant, le maintien du franc guinéen apparaît comme un choix de prudence, de souveraineté et de maîtrise de la politique monétaire nationale.
Ibrahima Baba Camara





