Conakry, 16 avril 2026 – L’homme d’affaires et leader politique guinéen Elhadj Mamadou Sylla, président de l’Union démocratique de Guinée (UDG), est décédé ce jeudi à son domicile de Dixinn, à Conakry, des suites de maladie, selon plusieurs sources concordantes. La nouvelle, tombée au petit matin, a plongé la capitale dans une vive émotion, tandis que parents, amis, militants et collaborateurs affluent pour les salutations d’usage.
Sur les lieux, les témoignages se succèdent, tous empreints de tristesse et de reconnaissance envers celui que beaucoup décrivent comme un pilier du secteur privé guinéen et un acteur central de la vie politique nationale.
Le vice-président de l’UDG, très proche du défunt, est revenu sur les dernières heures passées à ses côtés. La veille encore, confie-t-il à l’équipe de ZOOM7MEDIAS, les activités s’étaient déroulées normalement au siège du parti.
« Hier, comme d’habitude, nous avons travaillé de 10 heures à 17 heures sur les dossiers en cours, aussi bien ici qu’avec nos représentations à l’intérieur du pays. Après la prière de l’Asr, nous avons fait le résumé de la journée avant de rentrer. Rien ne laissait présager un tel drame. C’est vers 6 heures du matin que son grand frère m’a appelé pour m’annoncer qu’on l’avait trouvé inerte dans sa chambre. »

Un récit bouleversant qui traduit la brutalité de cette disparition, survenue au moment où le parti s’activait sur les préparatifs des prochaines échéances électorales.
Parmi les proches présents à Dixinn, Mouctar Khalissa a livré un témoignage chargé d’émotion. Pour lui, la disparition d’Elhadj Mamadou Sylla dépasse le cadre familial ou partisan.
« C’est une perte énorme pour toute la Guinée. Cet homme était une véritable bibliothèque, dépositaire d’une grande partie de l’histoire politique du pays, des régimes de Lansana Conté à Alpha Condé. Perdre une telle mémoire, c’est perdre une partie de notre histoire. »

Il a également rappelé l’engagement social du défunt, évoquant notamment la mosquée construite grâce à son soutien dans leur concession familiale, un geste qui restera, selon lui, gravé dans la mémoire collective.
Son ami d’enfance, Elhadj Mamadou Aliou Kaltanba, a lui aussi salué le parcours exceptionnel d’un homme qui aura marqué plusieurs générations d’opérateurs économiques.
« Il a su organiser le secteur privé guinéen, présider le Patronat et fédérer les opérateurs économiques au niveau sous-régional. C’était un patriote, un homme humble, généreux et profondément rassembleur. Peu d’hommes ont réussi à conjuguer avec autant de force le monde des affaires et l’engagement politique. »

Au-delà de l’émotion, cette disparition intervient dans un contexte politique particulièrement sensible. À quelques semaines des élections législatives et communales, l’UDG perd son leader historique au moment même où le parti intensifiait ses concertations stratégiques.
La mort d’Elhadj Mamadou Sylla laisse ainsi un double vide, économique et politique. Ancien patron des patrons et figure influente de l’opposition, il emporte avec lui une part importante de la mémoire institutionnelle, entrepreneuriale et politique de la Guinée contemporaine. Son décès pourrait également rebattre les cartes au sein de l’UDG, contraint désormais de gérer à la fois le deuil et la continuité de son agenda électoral.
Par Ibrahima Baba Camara







