À petit-Simbaya dans la commune de Lambanyi, un litige foncier oppose depuis plusieurs années les familles Soumah et Keïta autour d’une concession acquise, selon la famille Soumah, en 1982 pour un montant de 175 000 sylis. Aujourd’hui, cette affaire connaît un nouveau rebondissement avec le déguerpissement des occupants, plongeant plusieurs dizaines de personnes dans une situation difficile.
Selon Mohamed Soumah, fils aîné de la famille Soumah, cette concession aurait été achetée légalement à la famille Keïta dans un contexte de difficultés financières.
« C’est en 1982 que Hassan Keïta nous a attaqués. À l’époque, la famille traversait des problèmes. Ils avaient vendu tous les terrains autour. Ce terrain a été cédé pour permettre de soigner un enfant malade et financer les études universitaires de Hassan Keïta. Depuis cette date, nous avons construit ici et vécu dans cette maison pendant plus de 44 ans. Aujourd’hui, nous sommes plus de 25 personnes dans cette concession », affirme-t-il.

La famille Soumah soutient avoir entrepris plusieurs démarches administratives et judiciaires afin de faire reconnaître ses droits sur le domaine. Mais malgré les procédures engagées, aucune issue définitive n’aurait encore été trouvée.
Mohamed Soumah dénonce également les conditions dans lesquelles une décision judiciaire aurait été rendue récemment.
« Un jugement a été prononcé sans la présence de la partie adverse ni de leurs avocats. La décision est sortie en 2025 et nous ordonne de quitter les lieux dans un délai de deux semaines. Lorsque les forces d’intervention sont venues avec des agents de l’ECO 4, ECO 5 et ECO 18, nous avons demandé à voir la réquisition, mais ils ont refusé. Nous avons tous été embarqués de force. Ma femme a été blessée pendant l’intervention », explique-t-il.
Rencontrée sur les lieux, Hadja Bountou Sylla, présentée comme témoin dans cette affaire, affirme que la concession aurait bel et bien été vendue par la famille Keïta.
« C’est la mère de Hassan Keïta qui était venue chez moi pour m’expliquer qu’elle vendait ce terrain afin de soigner un de ses enfants malade et aider un autre à obtenir ses papiers pour le travail. Elle m’avait également confié que seule la tombe de son mari devait être préservée. À aucun moment, elle ne m’a parlé d’un prêt », témoigne-t-elle.

Face à cette situation, la famille Soumah lance un appel aux autorités judiciaires ainsi qu’au président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, afin qu’une solution juste soit trouvée.
« Aujourd’hui, nous vivons dans la rue avec nos enfants. Nous demandons à l’État de nous aider pour que les pauvres ne soient pas écrasés par ceux qui ont les moyens. La justice doit être la même pour tous les citoyens », plaide Mohamed Soumah.
Malgré plusieurs tentatives, la famille Keïta n’a pas souhaité réagir à ces accusations.
Ibrahima Baba Camara





