Conakry, jeudi 27 août 2026 — La démolition des habitations se poursuit au quartier Dar-es-Salam, dans la commune de Gbèssia, quelques jours après le drame survenu le 23 août 2026, qui a fait plusieurs victimes.
Face à cette situation, des citoyens de la zone lancent un appel à l’aide aux autorités et aux personnes de bonne volonté. Parmi eux, M’mah Soumah, née et ayant grandi à Dar-es-Salam, affirme ne savoir où aller après la destruction de sa maison.
« Nous sommes nés et avons grandi ici. L’agression de 1970 a trouvé nos mamans à Dar-es-Salam. C’est notre père, Morlaye Soumah, qui a fondé cette zone et réparti les différentes parcelles », témoigne-t-elle.
Selon elle, le quartier était autrefois peu habité et difficile d’accès. Elle se souvient également de l’évolution de la zone au fil des années, notamment de la transformation d’un ancien marigot en espace de dépôt d’ordures.
« Avant, cette montagne d’ordures n’existait pas. Il y avait un marigot où nous faisions nos lessives. C’est vers 1986 ou 1987, sous le régime du général Lansana Conté, que l’endroit est devenu un dépôt d’ordures », explique-t-elle.
Aucune indemnisation reçue
M’mah Soumah affirme que les habitants ont été informés de leur déguerpissement dans un délai de 72 heures, sans toutefois recevoir d’indemnisation de la part de l’État.
« Nous avons été informés de libérer les lieux dans un délai de 72 heures, mais nous n’avons reçu aucune somme d’argent. Hier, certaines personnes sont venues prendre des photos et procéder au recensement. À part cela, nous n’avons rien reçu », déplore-t-elle.
Elle indique que plusieurs maisons ont été marquées avant le début des démolitions.
« Avant-hier, ils ont marqué nos maisons et hier, ils ont commencé à les démolir. Nous sommes désormais entre les mains de Dieu. Nous n’avons nulle part où aller », ajoute-t-elle.
Un appel à l’aide
Avec des enfants à leur charge et la saison des pluies, les familles déguerpies disent vivre dans une grande inquiétude.
« Je demande à l’État et aux personnes de bonne volonté de nous aider à trouver un endroit où passer la nuit. Nous avons des enfants et nous sommes exposés aux intempéries. Nous ne savons plus quoi faire », lance M’mah Soumah.
Elle invite les autorités à privilégier le dialogue et à apporter une assistance aux familles affectées.
En attendant une éventuelle intervention, les habitants de Dar-es-Salam appellent à la solidarité nationale.
Contact : Camara Mamadama Mohamed Dix — 621 00 58 32






