École publique en ruines, salaires bloqués, enseignantes harcelées : à la veille du 5 octobre, le Syndicat National de l’Éducation (SNE) a frappé fort hier à Conakry. Une conférence de presse organisée ce Dimanche 04 Octobre 2026 par le Secrétaire Général, *M. Michel Pépé Balamou*, a ouvert les hostilités.
« La Recommandation OIT/UNESCO de 1966 demeure le principal cadre définissant les droits et l’autonomie des enseignants. 60 ans plus tard, sa vision reste encore à concrétiser en Guinée. Nous vivons au quotidien la pénurie d’enseignants, la pauvreté des apprentissages, la marchandisation à outrance, l’effondrement de l’école publique, les déserts d’infrastructures, les effectifs pléthoriques et l’absence de plan de carrière. Pour une année scolaire 2026-2027 apaisée, nous exigeons le respect du protocole du 3 janvier 2026 : le déblocage de tous les salaires et le paiement des arriérés, le reclassement des enseignants admis et ceux de 2017, l’engagement à la Fonction Publique des contractuels communaux ayant obtenu la moyenne, l’organisation d’un concours pratique pour Conakry et le paiement des primes de fonction. Avec honnêteté intellectuelle, nous félicitons le gouvernement pour la revalorisation des primes de craie, de documentation, de préparation, de logement et de transport », a déclaré M. Balamou.
La Présidente du Comité des Femmes, *Mme Salamata Bah*, a enchaîné : « Quand les femmes dirigent, l’éducation progresse. Pas de justice sociale sans équité de genre. Nous déplorons la faible représentativité des femmes dans les instances de décision, le harcèlement professionnel, les violences sexuelles et sexistes et l’absence de toilettes adaptées. Nous exigeons l’augmentation du budget de l’éducation inclusive, la revalorisation des salaires, l’équité dans les nominations, des toilettes sécurisées et des espaces d’allaitement, le respect strict des congés de maternité et la ratification de la Convention n°190 de l’OIT contre la violence et le harcèlement. »
En célébrant 60 ans de Recommandation sans que sa vision ne soit concrétisée, le SNE rappelle une vérité crue : on ne peut pas bâtir l’émergence 2040 sur les ruines de l’école publique. Entre les revendications de Michel Pépé Balamou pour la dignité de la craie et l’appel de Salamata Bah pour la justice de genre, le gouvernement est face à ses responsabilités. Le 31 octobre à Kankan ne sera pas qu’une fête, mais un véritable test.
Camara Mamadama Mohamed Dix: 621 00 58 32





