La rétro-musique, ce style qui revisite les sonorités, les mélodies et même les styles vestimentaires des décennies passées – notamment les années 70, 80 et 90 connaît aujourd’hui un succès remarquable en Guinée. Entre nostalgie et célébration culturelle, cette tendance s’impose dans les quartiers de Conakry et au-delà, où chaque coin de rue semble vibrer au rythme des sons d’autrefois . Les organisations de soirées rétro se multiplient, chacune avec ses codes vestimentaires propres, laissant libre cours à la créativité des participants.

« Je suis très heureux, en tant qu’animateur, de replonger vers le passé. Nous avons vu nos mamans danser sur des chansons comme Latino, Toumboussèssè Kayemama ou Yindè Moni. Si ce mouvement prend autant d’ampleur aujourd’hui, c’est une fierté pour nous, la nouvelle génération. », déclare Aboubacar Sylla, animateur et organisateur de la rétro.

Pour plusieurs participantes, la rétro n’est pas qu’un simple divertissement : elle incarne une manière de célébrer l’unité et l’évolution sociale.
« C’est l’évolution qui fait la force du temps. En tant que femmes, nous aimons faire la fête. La rétro nous permet de nous donner la main et de conjuguer les mêmes verbes. », a dit l’invité M’mah Soumah.

Véritable rassembleur communautaire, ce nouveau concept insuffle une ambiance vivante et chaleureuse dans les localités où il s’installe. Certaines femmes n’hésitent d’ailleurs pas à investir dans des tenues spécialement conçues pour l’occasion, entre 90 000 et 100 000 francs guinéens, afin d’être en harmonie avec l’esprit rétro.
« J’ai cousu cet ensemble spécialement pour participer à cette soirée rétro. J’ai acheté la pagne à 50 000 francs et j’ai payé 40 000 francs pour la couture. Je ne voulais pas rater ce moment. », a déclaré l’invitée Makhissa Soumah.

À travers la danse, la mode et les mélodies anciennes, la rétro-musique offre aujourd’hui un véritable regard vers le passé, tout en apportant joie, identité et cohésion à la jeunesse guinéenne.
Ibrahima Baba Camara







