Interrogé sur la pratique du métier de crieur public, devenue selon lui un phénomène de facilité en Guinée, l’honorable Mamadou Thug, homme de culture, a livré une analyse sans concession. Il estime que cette activité, telle qu’elle est exercée aujourd’hui par certains, s’éloigne de ses valeurs fondamentales et porte atteinte à la dignité humaine.Pour Mamadou Thug, beaucoup de ceux qui se réclament communicants ou défenseurs de personnalités publiques ne remplissent pas réellement ce rôle.
« Aujourd’hui, c’est très déplorable. La plupart de ces personnes qui revendiquent être des communicants ou des défenseurs de X ou Y ne sont pas des crieurs publics. Pour moi, ce sont des insultologues que l’on est en train d’entretenir », a-t-il déclaré.

Il dénonce une pratique basée sur l’insulte et la dénigration, incompatible avec les valeurs de la communication. « On ne peut pas entretenir un insultologue et dire que c’est un communicant. Parce qu’il insulte quelqu’un qui n’a pas les mêmes idées que toi, tu dis que c’est un bon communicant. Il faut sortir de ça », insiste-t-il.
L’acteur culturel souligne également que cette dérive va à l’encontre de la culture guinéenne, qui ne valorise ni l’injure ni l’humiliation.
« Dans notre milieu, en Guinée en particulier, aucune éducation, dans aucune région, n’encense les personnes qui insultent. Il faut s’en méfier et les épargner de la bonne société », affirme-t-il.
Selon lui, la véritable “bonne société” est celle qui unit, respecte les règles et les lois de la République, sans encourager les discours de haine, même sous couvert de soutien politique ou social.
Par ailleurs, Mamadou Thug critique certaines pratiques consistant à distribuer des avantages matériels ou financiers pour entretenir ces comportements, estimant que cela n’apporte rien de constructif au développement social. « Faire des cadeaux, oui, mais dans le bon sens », précise-t-il.
Enfin, il invite les jeunes concernés par cette activité à se tourner vers la formation et à redonner toute sa noblesse au métier de communicant.
« Pour moi, le communicant, ce n’est pas quelqu’un qui vient sur Facebook publier ma photo et dire ceci ou cela sur moi. Le communicant, c’est quelqu’un qui est passé par une université, qui a reçu une formation et qui dispose d’une attestation reconnue », conclut-il.
Reste désormais à savoir si cet appel de l’honorable Mamadou Thug, en faveur du respect de la dignité humaine et de la professionnalisation de la communication, trouvera un écho favorable auprès des principaux concernés.
Ibrahima Baba camara







