La démission de Me Mahomed Traoré, Conseiller national au sein du Conseil National de la Transition (CNT), a suscité une vague de réactions au sein de l’opinion publique. Cette démission, datée du 13 janvier 2025, a été justifiée par l’expiration du mandat des conseillers nationaux, fixé au 31 décembre 2024. Selon l’opposant Ibrahim Sory du parti ADC BOC, cette démission est tout à fait légitime, car elle respecte les lois en vigueur.
<< Il faut rappeler que Maître est non seulement cadre de ce pays et qu’il a prouvé de par ses compétences ,beaucoup de preuves de maturité par rapport à tout ce qu’il a évoqué dans sa lettre. Quand j’ai lu sa lettre, je trouve que tout ce qu’il a décagé dedans s’est fondé. Il ne faut pas le reprocher de quelque chose. Lorsque vous êtes dans une organisation transitoire et que vous êtes engagé sur un délai et que vous n’avez pas le retour par rapport au manquement soulevé pour ne pas respecter ce délai, c’est dans votre droit citoyen. Donc, moi, aujourd’hui, je ne peux que demander au président du CNT de revoir un peu le fonctionnement du CNT par rapport aux engagements du CNT qui avait accordé 36 mois de transition. Et les 36 mois, je pense, aujourd’hui, ça fait trois ans depuis que le CNT a eu le pouvoir. Le CNT devait à son tour être disposé quand même de nous dire, effectivement, qu’est-ce qu’il pense de la transition >>, justifie le président de ADC BOC.
Pour Ibrahim Sory, il est primordial de respecter les lois et les règlements en place, même en cas de situation délicate comme celle-ci. Il estime que Me Mahomed Traoré, en tant qu’homme de droit et membre du CNT, aurait dû poser la situation au pléniere avant de prendre une décision aussi importante que celle de sa démission.
« Je pense que le maître devait d’abord poser le problème à l’interne, dans un premier temps, chercher à avoir la position de certains. Il peut même poser la question en plénière. Mais lorsque la question n’est pas posée en plénière, lui, il n’a fait que respecter le délai qui était là. C’est son droit également. Mais c’est une question quand même, comme il est avocat, pour moi, il devait le poser en plénière, dire que qu’est-ce qu’on pense, nous, CNT, à partir du moment qu’on a voté 36 mois de transition. Qu’est-ce qu’on pense de l’évolution ? Nous avons vu le discours du président, il n’a jamais fait cas. Et il a encore renvoyé les élections au courant 2025. Ça allait être une question centrale, que tous les conseillers allaient discuter. Mais le maître n’a pas voulu certainement polémiquer. Il a voulu, lui, de son côté, respecter. Il a voulu respecter son engagement et son serment », poursuit t-il.
La démission de Me Mahomed Traoré doit donc être perçue comme un exemple de respect des règles établies, plutôt que comme une action controversée.
<< Vous savez que la démission, elle est personnelle. Lorsque vous décidez de démissionner, ça vient de vous. Et si le maître a appris à lancer la balle, et puis certainement d’autres aussi qui évoluent dans le même sens que lui, vont prendre leurs décisions. Mais est-ce que c’est ce qui peut régler le pays ? Moi, je vais dire non, ça ne règle pas le pays. Ce qu’il faut aujourd’hui informer et pousser les gens, c’est de se retrouver maintenant en conseil national et puis rencontrer le CNRD par rapport au rapport des élections. Parce que le CNT avait fixé quand même les 36 mois. Et les 36 mois, c’était pour le CNT. Après, l’accord politique a donné 24 mois. Donc si aujourd’hui, jour pour jour, on est dans le délai imparti par rapport à ces engagements, ça veut dire que la transition a été couronnée par… C’est-à-dire par une charte. Et cette charte, c’est la charte de la transition. Le président Mamadi Doumbouya a voté sur cette charte devant la Cour suprême. Si la Cour suprême avait aussi d’autres engagements, c’était de rappeler par rapport à toutes les dispositions qui se trouvent dans cette charte ».
Ibrahima Baba Camara







